
- Sayuri, emmène-là, partez, courrez!

Cet ordre jaillissant de la bouche de la tignasse violette de la pièce fait brusquement sursauter la concernée, qui se fige d'abord quelques secondes - avant de comprendre que les larmes naissantes dans les yeux d'Aiko, ainsi que la terreur visible dans ceux de sa meilleure amie, ont une raison concrète et sans doutes des plus valables.

- Ne me dis pas que tu t'es imaginé une seule seconde qu'elle pourrait m'échapper de nouveau? Soupire a Nanami le seul homme de l'endroit, désormais accoudé contre le mur du bras gauche ; et titillant une arme - qu'il vient de dégainer tranquillement - de la main droite.

- Si, parce-qu'en tant que bonne garce que je suis, je vais te neutraliser pendant qu'elles détaleront!
- Eh eh, c'est ce qu'on va voir alors, se moque t-il en réponse, tandis que Sayuri vient de se lever brusquement de son siège pour attraper avec fermeté la main d'Aiko, - Tututu, personne ne va aller nulle part, poursuit-il alors pour calmer cette bien pitoyable tentative de fuite, alors que les deux jeunes filles arrivent devant lui en grimaçant de colère – enfin, surtout de frayeur pour Aiko.
- COURREZ! Leur ordonne a nouveau Nanami en se jetant de toutes ses forces sur son père - qui lui pointe aussitôt son arme devant le visage – et parce-que celui-ci n'ose pas encore tirer sur son enfant, Nanami va gagner de précieuses secondes pour lui asséner un violent coup de tête, avant de lui sourire avec cruauté, parce-qu'elle vient de constater que les deux fuyardes ont bien profité de ce début de bagarre pour se précipiter a l'extèrieur,
- Eh eh eh! Nous voilà seuls pour jouer désormais!
Et c'est avec terreur que son père reconnaît cette voix glaciale et impitoyablet.
Parce-qu'il sait ce n'est plus sa fille qui le tient désormais avec fermeté contre le mur, mais son étât second. De transe. Celui où elle n'est plus elle même, mais juste ses sentiments du moment.
Alors il se souvient brusquement qu'il ne doit plus hésiter a se défendre, voir a user de son arme – même si a la base il ne la dégainait que pour l'effrayer. Parce-qu'elle, de son côté, et il en a pleinement conscience : elle sera sans pitié. Comme a l'époque – où elle l'avait envoyé aux urgences.





Niinoo
lun 02 fév 2009 19:24